« Biso pe tozali » : Le cri du cœur des femmes sourdes de Kinshasa pour leurs droits à la santé

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Dans le brouhaha de la capitale congolaise, une voix longtemps étouffée brise enfin le silence. Ce mercredi 25 mars 2026, la salle Bosolo a vibré au rythme de la langue des signes lors du lancement officiel de la campagne « Biso pe tozali » (« Nous aussi, nous existons »).

Portée par le Centre de Production des Programmes et Supports de Sensibilisation des Sourds (CPPS) avec l’appui d’AmplifyChange, cette initiative de plaidoyer vise un objectif fondamental : garantir aux femmes et adolescentes sourdes un accès digne aux services de santé sexuelle et reproductive (SSR).

1. L’exclusion par le silence : Un diagnostic alarmant

L’accès à la santé ne devrait pas dépendre de l’ouïe. Pourtant, pour une femme sourde à Kinshasa, une simple consultation prénatale ou un conseil en planification familiale peut se transformer en une expérience d’humiliation.

Les barrières identifiées :

• Absence d’interprètes : Le manque de traducteurs en langue des signes dans les hôpitaux crée un mur infranchissable.

• Diagnostics erronés : Sans communication fluide, le risque de mauvaise compréhension des symptômes est réel et dangereux.

• Peur et stigmatisation : Le sentiment d’être incomprise pousse de nombreuses femmes à renoncer aux soins.

« Nous vivons beaucoup de difficultés. Dans les centres de santé, on ne nous comprend pas. On a peur de poser des questions. Ce projet va nous aider à être informées et respectées. » — Mme Ndona Clarisse, Secrétaire de l’association des femmes sourdes.

2. « Biso pe tozali » : Une réponse née de la base

Pour Jean-Jacques Diavanga Mabonzo, coordonnateur du CPPS, ce projet n’est pas une simple formalité administrative, mais une urgence de santé publique. Il s’agit de transformer les centres de santé de Kinshasa en lieux d’accueil bienveillants pour tous.

Les axes du projet :

• Inclusion systématique : S’assurer que les campagnes de santé ne laissent personne de côté.

• Formation du personnel : Sensibiliser les prestataires de soins aux spécificités de la communauté sourde.

• Information adaptée : Produire des supports de sensibilisation visuels et accessibles.

3. Un engagement politique et médiatique attendu

La pertinence du combat a mobilisé le sommet de l’État. Représentant la Ministre du Genre, Famille et Enfant, Madame Fosca Mukeba Toto a réaffirmé le soutien du gouvernement : « Les femmes sourdes ont les mêmes droits que toutes les autres. »

Les organisateurs ont également lancé un appel vibrant à la presse congolaise. Pour que « Biso pe tozali » porte ses fruits, les médias doivent devenir le haut-parleur de ces femmes « invisibles », en intégrant systématiquement l’accessibilité dans leurs formats d’information.

Conclusion : Vers une santé sans barrières

La cérémonie s’est clôturée sur une note d’espoir. Le projet « Biso pe tozali » rappelle une vérité simple : la dignité d’une société se mesure à sa capacité à inclure ses membres les plus vulnérables. À Kinshasa, le changement est en marche, et il s’écrit désormais avec les mains.

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