Ce mercredi 25 mars 2026, le Centre de Production des Programmes et Supports de Sensibilisation des Sourds (CPPS), avec l’appui d’AmplifyChange, a officiellement lancé la campagne « Biso pe tozali » (« Nous aussi, nous existons »). Cette initiative de plaidoyer vise à garantir aux femmes et adolescentes sourdes un accès réel et digne aux services de santé sexuelle et reproductive (SSR).Un constat alarmant : l’exclusion par le silenceL’accès à la santé ne devrait pas dépendre de l’ouïe. Pourtant, pour de nombreuses femmes sourdes vivant dans les zones de santé de Kinshasa, se rendre à l’hôpital est un véritable parcours du combattant. L’absence d’interprètes en langue des signes et le manque de formation du personnel médical créent un fossé dangereux, souvent synonyme d’humiliation ou de diagnostics erronés.La secrétaire de l’association des femmes sourdes, Madame Ndona Clarisse, a livré un témoignage poignant, interprété en langue des signes par Madame Lunsadisa Jael :« Nous vivons beaucoup de difficultés. Dans les centres de santé, il manque des interprètes, on ne nous comprend pas. Parfois, on a peur de poser des questions. Ce projet est important pour nous, parce qu’il va nous aider à être informées et respectées. »Elle a également déploré le caractère éphémère des campagnes classiques, où les sourds ont du mal à poser des questions spécifiques et se sentent souvent exclus des échanges.Une réponse née de la communautéDès l’ouverture à la salle Bosolo, le coordonnateur du CPPS, Jean-Jacques Diavanga Mabonzo, a rappelé l’urgence de cette mission :« Nous vous souhaitons la bienvenue pour le lancement officiel du projet “Biso pe tozali”. La santé de la reproduction concerne tout le monde, mais nous avons constaté une exclusion systématique des femmes et adolescentes sourdes. À travers ce projet, nous voulons apporter une solution pour qu’elles soient réellement prises en compte. »Pour Freddy Mata, président du conseil d’administration du CPPS, ce projet n’est pas une simple initiative administrative : « C’est surtout une réponse à une demande qui vient de la communauté sourde elle-même. »Un engagement institutionnel fortLa pertinence du sujet a mobilisé le sommet de l’État. Malgré son déplacement, la Ministre du Genre, Famille et Enfant a tenu à ce que son cabinet soit représenté par Madame Fosca Mukeba Toto, soulignant la priorité accordée à l’inclusion :« Le gouvernement soutient toute initiative qui vise à défendre les droits des femmes, sans distinction. Les femmes sourdes ont les mêmes droits que toutes les autres, et il est de notre devoir de garantir leur accès à l’information et aux services de santé. »Un appel vibrant à la presse congolaisePour transformer ces intentions en changements durables, le CPPS mise sur une alliance stratégique avec les médias. La réussite de « Biso pe tozali » repose sur une communication inclusive capable de briser les barrières sociales. Les organisateurs ont exhorté la presse nationale à devenir le porte-voix de ces femmes invisibles, en relayant leurs défis et en poussant le plaidoyer auprès du grand public et des décideurs.La cérémonie s’est clôturée sur une note d’espoir : celle de voir les centres de santé de Kinshasa devenir des lieux d’accueil bienveillants pour toutes et tous, sans exception.Suivre la chaîne Newimage.cd sur watshap: https://whatsapp.com/channel/0029VaFmYe3BVJlBJD6R5j14🎥Newimage.cd
Biso pe tozali : Briser le silence pour l’accès des femmes sourdes aux droits sexuels à KinshasaUne voix longtemps étouffée commence enfin à se faire entendre dans la capitale congolaise.








Laisser un commentaire